Introduction

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Raz-le-bol des régimes autoritaires! La Tunisie est la première à l’avoir clamé sous le nom de «révolution de Jasmin» qui a conduit à la fuite de Ben Ali le 14 janvier dernier. Peu après, c’est au tour de l’Egypte de se mobiliser et de réclamer le départ de Hosni Moubarak au pouvoir depuis trente ans. Le 25 janvier 2011, une «journée de la colère» est organisée à l’initiative de plusieurs petits mouvements de jeunes militants. Sur Facebook, plus de 90’000 personnes se déclarent prêtes à manifester. Le monde entier a alors les yeux braqués sur l’Egypte. C’est le début de plusieurs jours de contestations et d’affrontements sanglants.

Moubarak l’a bien compris, pour contrer les manifestants, il ne suffit plus de créer un couvre-feu ou de mettre en place une répression sévère car le réel enjeu se trouve sur le net. C’est là que la communication et les appels à manifester font rage. Du 28 janvier au 2 février, le gouvernement ne se contente donc plus de filtrer Internet mais en coupe carrément l’accès. 90% des sites ne sont plus disponibles. Pourtant cette action ne fait pas taire les opposants. Ils continuent de communiquer sur les réseaux sociaux par d’autres moyens et ont recours à leur téléphone Blackberry, à des applications de bureau comme Tweetdeck et Hootsuite, par exemple. Le 1er février, on compte plus d’un million de manifestants dans le pays et c’est la marée humaine place Tahrir, au centre du Caire. Les soulèvements ne cessent de s’intensifier et malgré les vaines tentatives de Moubarak à calmer les populations, il est contraint de quitter ses fonctions le 11 février. C’est alors l’explosion de joie dans le pays. Euronews, CNN, et Al Jazeera ont leurs caméras braquées sur la place Tahir. L’évènement fait les gros titres des journaux et sur Facebook ou Twitter, tout le monde y va de son bon mot. Le départ de Hosni Moubarak marque un tournant!

Seulement douze jours auront suffit à la Tunisie pour provoquer la fuite de Ben Ali et dix-huit à l’Egypte pour en faire autant avec son président. La rapidité et la «viralité» de ces évènements sont remarquables et sont l’occasion de s’interroger sur le rôle qu’ont joué les réseaux sociaux dans la fin des régimes autoritaires. Sans eux, un tel rassemblement aurait-il été possible? Face aux médias dits traditionnels, sont-ils devenus des armes de rassemblements et de communication massifs seuls capables de provoquer la chute accélérée d’un dictateur?

Dans les pays ou la liberté d’expression et la liberté de la presse sont faibles, les réseaux sociaux et les blogs sont un moyen de communication de choix. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles en Iran, en Chine ou au Pakistan, Facebook est ou a été interdit. Quant à la blogosphère, elle est surveillée de près par les pouvoirs autoritaires qui contrôlent et sanctionnent ceux qui, courageusement, sortent des sentiers battus. Cette zone de non-droit, bien qu’un tel attribut prête à polémique, est depuis quelques années investie par nombre d’opposants qui y trouvent l’occasion de faire entendre leur voix. En Egypte, cet ensemble composite de réseaux et de blogs a, semble-t-il, permis de mettre en valeur le double rôle de ces nouveaux médias, dont la vocation est à la fois d’informer et de rassembler. En transformant le lecteur anonyme et passif en acteur déterminé à écrire l’histoire de demain, ils possèdent ainsi un pouvoir de coercition énorme que nous chercherons ici à analyser.



Source: Nouvelobs avec AFP


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