Objectif du blog

« Cyber-révolution », « Révolution 2.0 », « Facebook révolution » sont des termes systématiquement associés à l’insurrection égyptienne qui a ébranlé puis dissout le régime despotique du président Hosni Moubarak à une vitesse vertigineuse de 18 jours.

Notre blog a pour objectif de comprendre quel rôle les nouveaux médias ont joué dans la révolution en Egypte, depuis le début des soulèvements jusqu’à la chute du président, le 11 février 2011. Nous chercherons à comprendre ce que ces médias ont pu apporter de neuf dans un pays en pleine crise politique et à quel point ils ont influencé l’activisme de l’opposition.

Réalisé dans le cadre d’un cours de perspectives historiques du journalisme, le blog propose l’analyse de différents médias nouveaux, en ce qu’ils impliquent une participation des citoyens, afin de déterminer l’impact qu’ils ont provoqué sur les manifestations.

Les réseaux sociaux ont, semble-t-il, été les moteurs de la révolution dans la mesure où ils ont permis aux contestataires de poursuivre leur lutte contre le régime lorsque tout rassemblement politique était prohibé, toute communication à des fins de manifestation étaient bloquées, et lorsque la liberté d’expression se faisait pauvre. En d’autres termes, il semble que Facebook et Twitter aient joué un rôle capital pour contrer la répression et pour maintenir le combat au-delà des contraintes imposées par le gouvernement.

Facebook ayant apparemment été vital à l’opposition en tant qu’outil de rassemblement et de communication libre, nous avons choisi d’étudier les deux principaux groupes égyptiens pro-démocratiques du réseau qui sont à l’origine des premières manifestations : Le mouvement du 6 avril, créé par Ahmed Maher, ainsi que Nous sommes tous Khaled Said, fondé par le cybermilitant Wael Ghonim.

Twitter quant à lui, a permis de donner une dimension d’instantanéité à l’information. Etant positionné sur la toile comme un média social majeur, il nous a semblé essentiel d’en analyser les effets. Pour ce faire, nous avons choisi deux exemples: Le ashtag emblématique « #jan25 » qui a donné une extraordinaire visibilité au mouvement d’opposition et la page de Rami Raoof, qui a activement participé à l’alimentation en images, en commentaires et en vidéos des évènements.

Les soulèvements ont laissé germer des milliers de blogs dédiés à la rage de la jeunesse égyptienne. Prodiguant informations, motivation et poussant les internautes à agir, les blogs ont été des outils révolutionnaires de partage, de soutien et d’action. Certains blogs sont devenus des porte-paroles de la souffrance du peuple et ont mené à des actions politiques concrètes qui ont contribué à la transition vers un système plus démocratique. Parmi eux, nous avons choisi le blog d’une jeune égyptienne engagée, Nawara Negm intitulé Le front populaire pour le sarcasme ainsi que celui de Mahmoud Salem, activiste égyptien se battant pour le droit à l’information sur sa tribune virtuelle désormais connue internationalement: Rantings of a Sandmonkey.

L’accès aux journalistes sur la place Tahrir n’était pas très évident lors des soulèvements. Les informations nous proviennent essentiellement de sources locales, d’individus qui ne pratiquent pas le journalisme mais passent par des réseaux sociaux ou par des blogs. Ainsi, pour comprendre les atouts supposés des nouveaux médias en comparaison aux médias traditionnels qui ne jouissent pas d’une telle indépendance dans un régime totalitaire, nous avons décidé de comprendre dans quelle mesure un média traditionnel extérieur à l’Egypte comme le quotidien Le Temps traite les informations relayées par les nouveaux médias et quelle analyse il fait de la situation dans laquelle se trouve le pays.

La plateforme internet Word Have Your Say de la BBC World ainsi que ses deux émissions TV et radio se fondent sur un concept original: donner une tribune et une visibilité aux « journalistes citoyens » et aux réseaux sociaux. Plus qu’ailleurs, ce concept cherche à croiser tous les types de médias afin d’ouvrir un dialogue dit « global ». Ainsi en présentant ce média traditionnel, nous chercherons à monter comment les médias traditionnels tentent d’égaler la diversité des modalités propres aux réseaux sociaux.

Enfin, nous nous sommes penchées sur  l’analyse que Mme. Katarina Stanoevska, experte en nouvelles technologies de l’information et de la communication, notamment concernant les réseaux sociaux, fait du conflit égyptien en rapport aux médias sociaux. Ceci afin de mieux comprendre l’efficacité des nouveaux médias dans une perspective plus globale.

Ainsi, par l’analyse de ces différents médias, nous émettons l’hypothèse que les nouveaux médias ont largement favorisé les soulèvements en Egypte, d’une part par leur pouvoir de rassemblement, d’autre part par leur pouvoir communiquant qui transcende les censures du gouvernement, engendrant par ce biais une accélération et une facilitation du processus de révolution. Ce présupposé repose sur le fait qu’avant le développement des médias numériques et l’investissement de ceux-ci par la nouvelle génération, aucune révolution n’aurait pu être été menée de la façon dont les événements se sont déroulés en Egypte: aucun leader ne s’est clairement distingué si ce n’est des informaticiens comme Wael Ghonim ou des journalistes comme Nawara Negm, le peuple a réellement été, nous allons tenter de le démontrer, un leader à lui seul.

 

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