Conclusion

Le monde tel que nous le connaissions avant l’arrivée de l’Internet n’existe plus. Les nouveaux médias ont formé une nouvelle génération de consommateurs de l’information, toujours plus désireux de savoir vite, bien et globalement. C’est là l’atout des sites communautaires qui, c’est aujourd’hui indéniable, ont un réel pouvoir de rassemblement des foules dans tous les pays. La communication est devenue la clé de voûte de notre monde ultra connecté et les nouveaux médias font ce que les médias traditionnels ne font qu’avec plus de restrictions: communiquer à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur d’un pays, joignant à leur crédo des millions de personnes de tous horizons. Mais la presse print, radio ou TV n’a pas pour autant moins de légitimité ou de crédibilité que les médias modernes, tels les blogs, Internet ou les plateformes sociales.

Il s’agit en réalité d’une complémentarité dont bénéficie chaque branche de l’information: les médias traditionnels profitent du « mainstream » dont les nouveaux médias bénéficient, de leur accessibilité très facilitée de par le fait que leur contenu est ouvert à tous, et de l’information non censuré, provenant directement des personnes concernées, caractéristique de l’Internet. De cette manière, ils peuvent s’informer sur les dernières nouvelles locales comme sur  celles provenant de l’autre bout du monde sans même avoir besoin de se déplacer ou de dépêcher un reporter sur place. Les réseaux sociaux, eux, s’inspirent de la presse traditionnelle pour donner une crédibilité à leurs articles ainsi que des sources plus formelles, essentielles pour une analyse complète de l’information. D’autre part, les médias traditionnels, surtout la TV, apportent aux « médias leaders » du web une plus grande visibilité. Il est courant de voir des créateurs de pages Facebook et des bloggeurs invités sur les plateaux de télévision et prendre la parole sur les chaînes publiques, à des heures de grand audimat.

Ci-dessous, le « triangle amoureux » des médias anciens et nouveaux tels qu’ils interagissent les uns avec les autres, à différents niveaux:

La révolution égyptienne a-t-elle alors réellement eu lieu en réponse à l’appel lancé sur Facebook, Twitter et les blogs activistes ou aurait-elle une racine plus profondément ancrée en chaque citoyen, prête à éclater à tout moment, ne retentissant que par coïncidence au même moment que les bouillonnements d’opinions fusaient sur le Net? La grande différence entre une révolution manquée et une révolution réussie est le motif et le meneur. Le motif du peuple égyptien, nous l’avons vu, est très simple: il revendique un Etat plus juste, l’abolition du pouvoir unique et le respect de la loi par les hommes qui le dirigent. Chaque Egyptien protestant sur la place Tahir savait pourquoi il manifestait, au nom de quelles idées et en réaction à quels comportements. C’est souvent avec des idées simples que l’on va le plus loin. Nul besoin d’inventer de faux arguments, la foule sait pourquoi elle se bat. Voilà le fondement d’une révolution bien partie.

Puis entre en scène le leader: généralement, il est charismatique, très bon rhétoricien et possède un don de persuasion inégalable. Pas cette fois. Aucun meneur pour la révolution égyptienne. Un mouvement généralisé du raz-le-bol ambiant comme prémisse, une volonté de changement pour seul moteur. C’est avant tout cette absence de leader concret qui, au fil de notre analyse, nous a menées à croire en une cyber-révolution à proprement parler. Mais ne confondons pas pouvoir et influence: si les réseaux sociaux ont eu un impact sur les velléités de la révolution, nous ne prétendrons pas qu’elle n’a eu lieu que grâce à eux. Le leader n’était pas Facebook, ni Twitter, ni les  vidéos, ni les podcasts, ni les blogs mais le peuple lui-même. Un peuple jeune, instruit et qui maîtrise les outils de communication. Un peuple qui est en phase de transition démographique et dont la cellule familiale se rapproche de plus en plus de notre nos modèles occidentaux. Un peuple dont les motifs de révoltes étaient clairs et légitimes.

Sommes-nous donc en train d’assister à la naissance d’un 5ème pouvoir? Les révolution arabes seraient-elles pareilles au scandale du Watergate qui a mené à la destitution du président Nixon? Au vue des différentes conclusions que nous avons pu tiré au fil de nos recherches, nous pensons pouvoir répondre de façon affirmative à ces questions. L’extraordinaire pouvoir de rassemblement des médias sociaux sont des armes insurrectionnelles potentielles capables de bousculer l’ordre établit. De façon plus générale, les médias sociaux ont pour rôle de générer des opinions, de les faire se mesurer les unes aux autres. Une forme de dialogue global se dégage aujourd’hui de ces espaces de liberté dont seul le citoyen a la clef! Autant d’éléments qui forcent à constater l’indéniable influence des réseaux sociaux dans le cadre de la révolution égyptienne.

Nadia, Laura et Géraldine

P.S: Merci infiniment pour avoir pris le temps de consulter notre blog, petit aperçu de notre perception des enjeux investis dans la révolution égyptienne.

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