Facebook: « Sign up » for your rights

Un premier février 2011, « jour de colère » sur la place Tahrir. Au cœur du plus important soulèvement égyptien à l’encontre du président Hosni Moubarak, une main brandit fièrement une enseigne aux couleurs iconiques du maître des réseaux sociaux. Un manifestant rend hommage à Facebook, devenu depuis le 25 janvier, un outil de pouvoir politique aux mains d’un peuple meurtri par le despotisme et étranglé par la censure.

« Allez-vous manifester le 25 janvier ? » Ce premier sondage lancé sur Facebook par le Mouvement du 6 avril n’a pas eu à patienter bien longtemps avant de susciter de vives réactions. Ils ont été plus de 90 000 à répondre « oui » avant de dévaler les rues, armés de pancartes dénonçant la barbarie du régime en place. Inspiré par la révolution Tunisienne, ce groupe « nouvelle génération » qui prétend n’appartenir à aucun parti politique, ni même à l’opposition a investi à nouveau la toile pour appeler à défendre publiquement les libertés bafouées du peuple égyptien. Créé en 2008 sur Facebook et classé depuis 3ans en tête des mouvements pro-démocratiques, la jeune équipe proclame sur son site vouloir lutter contre « l’injuste oppression d’un gang corrompu et pour l’élimination de la corruption et du despotisme. » Cette première mobilisation via Facebook qui inspirera de nombreux mouvements de révoltes chez les anti-Moubarak peut se venter d’avoir atteint des records. L’effet est immédiat et le résultat, impressionnant : en quelques heures, la place est noyée sous un flot de dizaines de milliers de manifestants en colère. Le pays n’avait pas connu de tel rassemblement depuis plus de trente ans.

Dès lors, si des milliers de contestataires arpentaient la place Tahrir, devenue le QG de l’opposition, quelques autres milliers ont investi les réseaux sociaux dont principalement Facebook et Twitter. Très vite, des centaines de milliers d’opposants sont ralliés sur Facebook par le cybermilitant Waël Ghonim, reconnu comme l’icône incontestable de la « révolution Facebook » en Egypte. Cadre dynamique chez Google, le jeune révolutionnaire est l’auteur du groupe « Nous sommes tous Khaled Saïd », crée en hommage à un jeune internaute battu à mort par la police en juin 2010. Arrêté par une force de police spéciale, Waël Ghonim a subi un brutal interrogatoire de 12 jours au terme duquel il fut libéré et accueilli en triomphe par le peuple égyptien. Son groupe qui comptait 90.000 fans avant qu’il ne soit relâché, en dénombre aujourd’hui plus de 1.134.000.

À la fois instrument de mobilisation de masse et de libre circulation de l’information, ces nouveaux médias semblent avoir servi de tremplin à la révolution égyptienne. Facebook s’est rapidement imposé comme l’outil de contestation par excellence, si bien que moins de deux semaines après le rassemblement du 25 janvier,  32 000 groupes et 14 000 pages appelant à la révolution ont vu le jour.

Qui aurait cru que Mark Zuckerberg, dans son ambition de jeune étudiant contribuerait à édifier la démocratie dans les pays arabes ? En Tunisie, en Egypte, en Lybie, le géant bleu brave les censures, transcende les tabous et contourne les obstacles d’un gouvernement totalitaire. Mais est-il pour autant un pilier fondamental de ces révolutions ? Si le célèbre nom de Facebook orne sols et murs délabrés, si des milliers d’égyptiens reconnaissent le média comme un symbole de liberté et honorent son nom jusqu’à le donner à un nouveau-né, la question fait débat. Les réseaux sociaux ont-ils réellement joué un rôle capital dans l’insurrection ?

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